Cahiers, no. 2 Anne Hébert et la modernité
Table
des matières
Cahiers, no. 3 Traductions d’Anne Hébert
Table
des matières
Cahiers, no. 4 Anne Hébert et la critique
Table
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Cahiers, no. 5 La vision poétique dans
l’œuvre d’Anne Hébert
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« L’enfance spectrale à la fracture dans Les Fous de Bassan
»
La modernité comme travail du sujet chez Anne Hébert
par Robert Harvey
Après une brève définition de la modernité
au sens général du terme, l’article tente de démontrer
en quoi le travail du sujet chez Anne Hébert participe de la modernité
littéraire. La première partie traite plus spécifiquement
du sujet comme être problématique dans Les Songes en équilibre;
la seconde, du sujet comme travail énonciatif dans Le Tombeau des rois.
On s'intéresse tout particulièrement à la fluctuation des
instances énonciatives ou locuteurs, dans les quatre premiers poèmes
du Tombeau des rois : " Au seuil d’une fontaine ", " Sous
la pluie ", " Les grandes fontaines " et " Les pêcheurs
d’eau ". Puis on voit en quoi ces opérations linguistiques
de l’énonciateur créent une " subjectivité kaléidoscopique
" qui donne son sens au texte. L’article se termine par un bref aperçu
de la distribution des indices énonciatifs pour l’ensemble du recueil.
La traduction à sa juste mesure par Robert Harvey
Toute bonne traduction devrait pouvoir rendre compte le plus fidèlement
possible des nuances du texte à traduire, surtout en poésie où
ces nuances sont tout le poème. L'exercice auquel donne lieu ce texte
consiste à comparer les quatre traductions du poèmes « La
chambre fermée », au moyen du relevé et de l'analyse de
leurs différences par rapport au texte de départ. Nous démontrons
que ces différences, loin d'être uniquement stylistiques, relèvent
le plus souvent de l'interprétation. Considérant la précision
des textes d'Anne Hébert, nous nous interrogeons sur les raisons qui
justifient ces différences parfois importantes entre les quatre versions.
En conclusion, nous proposons une nouvelle version qui tend à retenir
les meilleurs aspects de chacune de ces traductions pour les combiner en un
seul texte.
Réception et récupération du Tombeau des rois :
l’allégorie-écran de l’interprétation identitaire
par Robert Harvey,
Un texte de Jacques Michon, publié dans Actes du colloque de
la Sorbonne, sert d’amorce à cette réflexion sur la réception
du Tombeau des rois et son incidence sur l’interprétation. À
travers l’analyse des états successifs du discours critique, nous
suivons les relais qui conduisent progressivement la critique à modifier
sa perception de l’œuvre hébertienne, alors que s’opère
un déplacement d’accent, du symbolisme poétique comme idée
communautaire dans les années 1940-50, au symbolisme poétique
comme idée politique dans les années 1950-60. En nous appuyant
sur l’esthétique de la réception et la sémiologie
de la lecture, nous tentons par la suite de démontrer en quoi cette interprétation
de l’œuvre, axée sur l’identitaire, fait écran
au texte. Par l’analyse des lacunes dans le fonctionnement de l’acte
de lecture, nous relevons finalement quelques-uns des aspects importants du
texte occultés par l’allégorie politique.
( Les Cahiers Anne Hébert no 4, p.47-66)
L’enfance spectrale à la fracture dans Les Fous de Bassan
par Robert Harvey
Dans Les Fous de Bassan, comme dans tous les grands récits d’Anne
Hébert, l’enfance en allée est toujours aux fondements du
songe et responsable du drame. Ce que vient rappeler d’entrée de
jeu l’autotexte tiré du Tombeau des rois placé en position
inaugurale du chapitre « Olivia de la Haute Mer, sans date ». Nous
étudions d’abord la fonction matricielle de ce texte-origine sur
le texte centreur pour mieux comprendre l’aliénation spectaculaire
dont est victime Olivia de la Haute Mer depuis « l’envers du monde
». Cette réversion, opérée en secret selon les lois
d’une alchimie complexe, constitue par la suite l’objet de toute
notre attention, alors que nous analysons le songe de Stevens, ainsi que la
relation triangulaire qu’il établit avec Nora et Olivia comme catalyseur
de sa violence. Finalement, après nous être interrogé sur
la véritable identité du tueur, nous en arrivons à mesurer
toute l’importance de cette hantise de rédemption de l’enfance
et ses conséquences tragiques.